Chronique d'une cuisinière

Publié le par JAK

sujet semain 24 mille  et une...

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Céleste, la cousine des Antilles venait souvent nous rendre visite.

 

Elle avait été baptisée Panthère, en possédant certains attributs (mais elle n’était pas rose,  je vous vois venir)

 

Si elle avait ce surnom de Panthère,  c’est parce qu’elle était une véritable beauté noire au mélanisme garanti pur ébène, avec une démarche gracieuse et svelte, qui rappelait bien cet animal.

 

Je me demande d’ailleurs pourquoi les autochtones l’avaient qualifiée de ce vocable, ce fauve n’ayant pas pignon sur rue dans ce pays autant que je sache. (Après tout pourquoi ne pas l’avoir affublée du nom de Léopard ?)

Quelques lettrés avaient dû trouver la comparaison savoureuse.

 

Bref, elle séjournait parmi nous et nous étions heureux d’écouter de vive voix les contes et des légendes antillais, qui n’avaient rien à envier à ceux des mille et une nuits.

 

Nous passions d’ailleurs des heures à l’écouter par les chaudes nuits d’été dans notre villa de la Cote d’azur, remplie de palmiers, ce qui rendait la scène encore plus authentique.  -Des Palmiers qu’elle nous avait apportés au cours de ses visites,  arbres resplendissant de santé qui faisaient une sérieuse concurrence à ceux de notre région par leur magnificence et leur robustesse.

 

- Nous avions essayé des palétuviers, mais aucun n’avait accepté d’être déraciné aussi loin de chez lui !

 

Je m’égare de mon sujet, car je voulais surtout vous narrer ses prouesses culinaires.

 

Bien sûr, là aussi elle avait ramené dans ses bagages pleins à craquer, des ingrédients typiques de là-bas, et nous en profitions sous toutes les formes.

 

Mais, surtout me reste de ma mémoire d’enfant, sa recette qui nous faisait succomber de gourmandise:

 

C’était son baba au Rhum.

 

Le plus étoilé des pâtissiers de l’hexagone, n’est pas prêt d’arriver à sa cheville !

 

Ah! le gout de la noix de coco, et celui de la vanille, je m’en lèche encore les babines !

 

Et la crème à base de mangues qu’elle faisait couler dessus généreusement,  elle en surajoutait sans fin, et on imaginait une coulée de la lave des volcans de son pays dont elle nous racontait la profusion d'embrasement

 

J’ai essayé maintes fois sa recette, qu'elle avait écrit pour ma mère, dans un français chanté phonétique , mais je suis toujours resté dans l’échec.-( probablement je n'ai pas su traduire!)

 

J’y ai renoncé, préférant et de loin garder ce souvenir proustien antillais dans ma mémoire.

Publié dans milletune

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Célestine 08/06/2015 00:05

Merci pour ce billet gourmand, jak !
Céleste me plaît bien, à moi...
¸¸.•*¨*• ☆