Bucoliques
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5 heures. Le réveil sonne, chez Jeronimo , mais c’est samedi : pas de bureau, juste le Pilat qui l’attend....
vroum vroum...
Le paysage, à la fois simple et splendide, aiguise son regard.
Dans un coin de ciel, une montgolfière grimpe , plus haut ,toujours plus haut ,vers le soleil, ignorant tout d’Icare
Un âne fronce son naseau relève les oreilles , il soupçonne que Jeronimo ne vienne lui pomper son air.
Son voisin, plus aimable, le dévisage comme une curiosité du matin.
La marche est légère, les poumons enfin respirent l’air frais et pur de cette heure matinale
Un scarabée s’active, des corbeaux assiègent un arbre desséché
et voici que la Croix Do Rey lui souffle de prendre à gauche.
Là, une chèvre l’attend, coquette, l’œil vif, parée d’un ruban rose
Les prés sont secs, les épis de blés déshydratés baissent la tête,
...
Retour sur la petite route.
Le goudron n’a pas tenu le choc , il a fondu, glissé, et maintenant il s’étale comme une crème au chocolat qu’un pâtissier inattentif aurait renversée.
On dirait une peinture abstraite : traits, coulures, éclats, un vrai tableau moderne, signé
« Route du Pilat, version, chocolat abstrait »
Les voitures passent prudemment, comme si elles craignaient de laisser une trace de pneu sur cette œuvre d’art involontaire.
Jeronimo avance ,amusé , le paysage est bucolique,
mais la route, elle, a décidé de faire sa crise d’artiste.
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