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la robe oubliée

par JAK

 

La petite robe oubliée

 

 

Dans une friperie vintage

 J’ai aperçu une jolie petite robe noire

J’ai imaginé sa vie et elle m’ a raconté

 


 

Tiens… voilà Margot. Je la reconnais à son pas décidé et au vrombissement de son aspirateur.

Elle va encore s'acharner sur ce placard sombre

où je croupis depuis des années. Aucune pitié. Jamais.

Voilà plus de dix ans que je végète ici, immobile, condamnée à prendre la poussière dans ce cagibi qui me sert de tombeau. Ma housse, cette prétendue protection, n'est plus qu'un lambeau usé laissant passer chaque grain de poussière qui ternit un peu plus mon tissu. Les acariens, eux, se sont installés dans mes ourlets comme dans un palace. Ils paient même un loyer... en miettes.

Je le sais, je le sens : un de ces matins de grand rangement, elle m'expédiera à la poubelle.

Pas question pour elle de me déposer chez Emmaüs , non,

Je suis trop snob, trop décolletée, trop peu chaude pour affronter l'hiver sur des épaules inconnues. C’est direct la décharge

Jadis pourtant, mon V plongeait fièrement entre ses deux seins replets...

 Ah, quelle époque !

Et pourtant, elle m'a aimée.

Oui, je peux le dire sans rougir : elle m'a adorée.

 J'étais sa complice, son arme secrète, son éclat noir.

J'en ai vu, des scènes improbables, des confidences murmurées,

 des soirées qui dérapent...

mais n'insistez pas. Je suis une robe discrète.

Même abandonnée, je ne trahirai jamais Margot.

 Une petite robe noire a son code d'honneur.

Je porte encore son parfum, malgré les bains de dégraisseur.

Je suis née dans les années 70, copie presque parfaite d'un grand couturier.

Assez parfaite pour faire illusion, pas assez pour coûter une fortune.

Je faisais tourner les têtes et grincer les dents.

 Margot, cette célibataire endurcie, fine comme un roseau, avançait avec moi comme une reine.

 Les messieurs papillonnaient,

 les épouses fulminaient.

J'étais son étendard.

Je me souviens de mon premier réveillon.

Un Cubain charmant, mais un peu trop empressé, renversa sa coupe sur moi.

J'en frémis encore. Lui aussi, d'ailleurs :

Margot lui avait lancé un regard capable de faire fondre des glaçons .

Et ce mariage de la cousine blonde où j'ai brillé de mille feux, rehaussée d'un collier de perles rares. Certaines invitées ont inspecté lesdites perles de très près.

 Fausses ou vraies pensaient-elles ?

Puis vint ce baptême... Ah, ce baptême !

 Le nourrisson, adorable mais peu délicat, m'aspergea de bouillie maison.

 

 

J'en ai gardé un parfum... particulier

J'ai souvent fini froissée à terre, jetée dans la hâte d'égarements un peu olé-olé, piétinée par des escarpins sans vergogne.

 Mais un passage chez le teinturier, et hop !

je renaissais, fraîche comme au premier jour.

 

Alors aujourd'hui, quand j'entends l'aspirateur approcher, je serre mes coutures.

Qui sait ? Peut-être que Margot aura un soudain élan de nostalgie.

Peut-être se souviendra t -elle de nos triomphes.

Ou peut-être essaiera  telle simplement de me refiler  à l’une de ces chères amies,

Dans ce cas-là, ce n'est pas la poubelle qui m'attend.

C'est la catastrophe !

 

 


J’ai failli disparaitre un jour de soldes, quand Margot a voulu me remplacer par une autre petite robe noire. Oh la traîtresse !
 Heureusement, une harpie plus rapide l’a lui a arrachée des mains.
 La fortune m’a protégée !

Alors comment je me suis-je   retrouvée ici ?

Un triste jour pour moi, grand bouleversement.
 Margot avait changé…
Elle m’abandonnât dans ce placard

Elle s’était retirée à la campagne avec ses animaux.
 Plus de soirées, plus de champagne, plus de talons !
Elle avait troqué ma compagnie contre un jogging,
Les jus de carottes, ont remplacé le champagne

Je ne lui en veux pas.
 Le temps passe pour tout le monde.

Malgré mon usure, ma poussière et mes boutons fatigués,
 Je reste fière d’avoir été unique.

Et je crâne de n’avoir jamais eu de remplaçante.

 

 

 

 

 

 

consignes Atelier d écriture  Faire parler un objet de votre choix

Les Ecrits d'Elle: Atelier no 3 du 20 septembre chez moi.

 

 

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Courir Pour des Pommes

par JAK

publié dans Chronique du jour

 

 

C’est dimanche, et j’aspire à la grasse matinée

Hélas sept heures le vrombissement d’une 308 me réveille !

C’est mon voisin qui part pour faire un chemin de randonnée :

« Courir Pour des Pommes »

Mais c’est lui qui s’est paumé

En fait,  c’est ce qu’il me relate à son retour

Un vrai parcours du combattant

 

Voili voila

Le parcours prévoyait la traversée du parc zoologique de SMLP:

 3 parcours courses, marchés producteurs,

 Le repas et le cageot de pommes à l'arrivée

Plus spectaculaire encore, tous les coureurs emprunteraient

 la célèbre passerelle, offrant un point de vue unique

et le privilège de traverser le parc zoologique.

 

Hélas rien de tout ceci n’est arrivé

C’était la Marche du grand n’importe quoi…

Grave erreur, Il ne s’est pas enregistré donc , pas de repas à l’arrivée, pas de pommes…et il était parti sans petit dej,  pour se sustenter un peu, hop un bonbon, mais celui-ci récalcitrant s’éclate sur une de ses dents,

 la canine ne résiste pas et s’envole dans un éclat…de rire

Il ne se décourage pas, un marcheur prend son rythme ils sont maintenant deux à côtoyer l’ erreur, et se trompent à un carrefour , 2km inutiles, hors circuit, reviennent sur leur pas , un ravitaillement : il n’y pas droit puisque non inscrit,

 sa salive s’active, pensant à la langue de bœuf dégustée d’hier !

  Mais bah ! il résiste il continue tout seul , rate encore une boucle

Il a fait des rencontres et perdu un bout de dent…

 Il a faim, est fatigué et rit quand même de ce grand n’importe quoi dominicale !

Le voici chez lui, devant un buffet vide, et dans le miroir le sourire qui fait peur…

Ah beauseigne,!  je compatis !

Mais n’empêche que s’il s’était inscrit,

j’aurais eu droit

 À quelques pommes☺☺☺

 

 

 

 

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l'inconnu tant connu

par JAK

publié dans ateliers d ecriture

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mot a ajouter eventail

 Choix image Banksy artiste d'art urbain

 

C'est moi, le si connu inconnu.

Je peins, je réfléchis, je dénonce…

 je suis tant occupé à sauver le monde que j'oublie parfois

où j'ai posé mes pinceaux.

Je graffe sur les murs, et les passants s'interrogent :

Est-ce un génie ?

Un philosophe ?

Ou simplement un égaré qui avait une bombe de peinture en promo ? »

Mes messages prouvent à eux seuls que je ne suis pas du genre

à rester les pieds en éventail. 

Je plais, je déplais, on m'admire, on me déteste.

Certains clichent mes pochoirs avec trouble,

 d'autres appellent ‘urgence  SNT’ le service de nettoyage total

Mais peu importe.

 

Pendant que les uns débattent, que les autres râlent,

mes pochoirs font parler de moi.

Et c'est cela que j'aime.

Car dans un monde où tout le monde veut être vu,

 moi, le si connu inconnu, je réussis l'exploit d'être partout...

 sans jamais être là.

 

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survie

par JAK

publié dans Chronique du jour

Ce tantôt, au fil de ma balade, j’ai remarqué que les Erables souffraient de la sécheresse :

Leurs feuilles se fripent, se recroquevillent, comme fatiguées par l’été trop sec.

Nous n’aurons sans doute pas droit aux flamboyantes couleurs automnales cette année.

Pourtant, sur leur tronc, la vie s’accroche autrement.

Des lichens ont élu domicile, dessinant des cartes minuscules sur l’écorce.

Et l’arbre, en réponse, a réveillé ses bourgeons dormants :

de petites pousses, des feuilles rose vif, éclatantes, surgissent .

Elles ont envie de vivre, malgré tout.

 

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avis

par JAK

 

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pigeon vole

par JAK

publié dans ateliers d ecriture

clic →→→consignes ateliers   mot ficelle

 

Mardi, pleine d’entrain,  je suis allée chez le boucher.

 Un galant homme, toujours prêt à discuter de tout : de la pluie, du beau temps, et même de la cuisson idéale de ses produits  

Sur son étal, de magnifiques pigeons dodus me faisaient de l’œil.

 Illumination instantanée :

 Tiens, je vais faire des pigeons à la ficelle !

 Une idée géniale… du moins jusqu’à ce qu’elle rencontre la réalité.

Me voilà donc rentrée ,   le portefeuille allégé mais l’esprit léger.

Et pendant que mon cher et tendre activait la braise,

 me voici   bardant mes pigeons de lard frais,

Je replie les ailes, je noue les pattes, je ficelle tout ça avec l’enthousiasme d’une cuisinière aguerrie

 Un dernier morceau de ficelle pour les suspendre au-dessus d’un lit de braises dans le four du jardin.

C’est là que le téléphone sonne.

 Ma sœur.

 La bavarde.

Celle qui peut raconter la météo de la semaine prochaine en version longue, avec bonus, annexes et commentaires

Je l’écoute, je hoche la tête,  je « Mmm-humm»

poliment… jusqu’à ce qu’une odeur suspecte

me ramène brutalement à la réalité.

 La ficelle avait brûlé. Les pigeons avaient chuté.

 Ils s’étaient recroquevillés comme des acrobates …

 Puis pouf.

 Transformation instantanée en torches vivantes.

 Résultat final : un tas de cendres !

Moralité :

Laisser les pigeons voler. Ils n’ont pas besoin de ficelle pour les en empêcher de voler

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