instants suspendus
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ateliers écriture - scrap digital - le mondeduscrap art collage généalogie haïku^
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On l’appelait Pisse‑copie.
Pas très flatteur, certes… mais dans le village de Barbouillon,
où les peintres étaient rois,
on ne prenait pas de gants :
on disait les choses comme elles ,venaient.
Fraîchement débarqué, il n’avait pas bonne presse .
Son crayon et sa gomme étaient suspects !
Il avait bien essayé la calligraphie, mais entre la batarde et l’arabesque, il passait plus de temps à torturer son poignet qu’à tracer des lettres.
Il abandonna vite, avant la tendinite .
Pour gagner ses lettres de noblesse auprès de cet aréopage d’artistes
il imagina un projet grandiose :
écrire une biographie pour chacun d’eux.
Armé de son calepin, il partait chaque jour en expédition, interviewant
les autochtones comme un journaliste en quête
de ragots croustillants.
Le soir, il rentrait dans sa mansarde irrespirable ,
une pièce si petite qu’on y perdait ses idées .
et c'était la sempiternelle page blanche!
Cette vie dura une saison, celle où les arbres se parent de couleurs flamboyantes,
comme s’ils voulaient eux aussi exposer leurs œuvres.
Puis, un matin, il décida de regagner ses pénates en ville.
Avant de partir, il alla saluer le peintre naïf, son préféré, celui qui peignait
comme il respirait : maladroitement mais avec conviction.
Le peintre, dans un élan de générosité (ou de folie), lui proposa d’essayer un coup de pinceau sur une toile vierge.
Et là… miracle.
Un vrai miracle, pas un petit miracle ,
Il excella.
Sans technique, sans formation, sans rien.
Le talent brut, comme un diamant jamais taillé !
On fit le tour du village avec son œuvre, comme on promène un nouveau‑né particulièrement réussi. Il fut applaudi, célébré, presque porté en triomphe.
Alors il prit une nouvelle voie.
Il s’installa dans une gentille chaumière
où il œuvrait à la lumière, avec plein de couleurs.
Depuis, il est devenu une gloire locale.
On le surnomme affectueusement Pincassot
parce qu’il a troqué les copies pour les coups de pinceau.
Une reconversion formidable : la preuve qu’on peut repartir de zéro,
trouver sa voie… …
et parfois découvrir qu’on est un artiste
en posant simplement un pinceau sur une toile.
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dans le cadre d'un challenge just creat n 723
J’étais intriguée que l’IA puisse reproduire des images
Curieuse, j’ai tenté…
Voici le résultat
Pour moi conclusion :
L’IA ne remplacera pas le talent et la créativité de l’homme
L’intention, la sensibilité, la culture visuelle l’émotion qui guide le geste,
Le regard qui choisit pourquoi et comment.
L’IA, elle, ne fait que composer à partir de ce qu’on lui donne.
Elle n’a pas de vision intérieure, pas de vécu, pas de goût personnel.
Elle peut produire quelque chose de bluffant,
Mais elle ne sait pas pourquoi elle le fait.
L’IA peut générer une image,
Mais elle ne sait pas ce qu’elle essaie de dire.
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J’avais quinze ou seize ans. J’étais habituée, depuis longtemps, à parcourir seule la campagne à vélo.
Ce matin‑là, mission spéciale : je devais aller quérir le lait tout fraîchement tiré, à quelques kilomètres, chez une cousine fermière.
Je partis, aux lèvres une chanson de Brassens, quand Margot…, pédalant comme une folle.
Sur mon porte‑bagage, dans un petit panier, Minou, mon compagnon de tous les instants.
À cette époque, il y avait peu de voitures sur les routes campagnardes, et je faisais des zigzags, empruntant toute la route.
Les vaches curieuses ruminaient tout en me regardant, se demandant quel était ce bizarre équipage ; Minou leur décrochait un miaou.
À l’approche de petits hameaux, je contournai les poules qui avaient pris possession de la route et caquetaient en s’envolant à mon approche.
Au croisement, sur son tracteur Janot, la coqueluche du coin, me laissa passer galamment.
J’arrivai enfin chez Cousine Marie, belle campagnarde aux yeux rieurs.
Elle m’offrit un grand verre de limonade, et Minou en profita pour aller chiper la nourriture du chien, lequel avait fui à son approche.
Le vacher terminait la traite dans l’écurie, (dont les poutres étaient littéralement tissées de toiles d’araignées - ce qui m’impressionnait chaque fois (j’appris plus tard que c’était pour se préserver des mouches)-
Son seau débordait de lait , il était surmonté d’une mousse légère.
Il en vida une partie dans la berthe que je lui tendais il la remplit à ras bord.
J’en profitai pour boire une rasade, et l’appétissante mousse me recouvrit les lèvres, je lâchai un soupir de douceur.
Puis ce fut le retour à la maison.
Même emballement de ma part : la route m’appartenait.
Je connaissais un coin de la rivière, niché dans un cadre verdoyant, où une petite retenue avait formé une ‘piscine’, un petit gour reposant.
Arrivée tout près, j’ai eu envie de me rafraîchir.
Je posai mon vélo contre un arbre.
Minou me suivit : il n’aimait pas l’eau, mais les petits mulots le tentaient.
Deux courtes brassées dans le gour, puis je cherchai du regard Minou.
je l’appelai, je tournicotai à droite et à gauche : rien.
Il avait disparu.
J’attendis de longues minutes, mais il ne montra pas le bout de son nez
Il fallait que je reparte : ma mère allait s’inquiéter de mon retard.
Et ce ne fut plus en chantant, mais en pleurant que je pédalai à tout berzingue.
Arrivée chez moi, stupeur : je constatai que j’avais oublié la biche à lait que j’avais mise au frais dans l’onde.
Ma mère, courroucée, me renvoya vers ma chambre.
Mon chat, le lait, le courroux… c’en était trop :
sur mon lit je m’effondrai en pleurs, et privilège de la jeunesse, je m’endormis presque aussitôt.
Il était treize heures lorsque je me réveillai.
Je descendis à la cuisine.
Et, surprise : Minou et la biche à lait étaient là !
C’était Jannot, la coqueluche du village, qui avait voulu me jouer un tour et les avait kidnappés.
Et c’est ainsi que, de cette farce juvénile, s’ébaucha la naissance d’un flirt.
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Une élégante traverse la place, ses talons hauts claquant en cadence.
Deux chiens, l’un minuscule, l’autre immense, se défient avec la prudence joyeuse de ceux qui savent que la paix se négocie en remuant la queue.
Un gamin surgit sur sa trottinette électrique, sans casque, sans peur, virevoltant comme si le trottoir était une scène de théâtre, pour lui l’artiste, acrobate du quotidien.
À quelques mètres, une grand‑mère, une vraie mémé, avec son cabas et son entêtement, s’avance au feu rouge.
Daltonienne, elle confond les couleurs mais pas les envies : elle veut traverser, alors elle traverse.
Les bambins de la maternelle déboulent en grappes, se jettent dans les bras de leurs mamans avec cette énergie qui fait vaciller ces mères folles de leur progéniture.
Et moi, assise au bistrot de la place, devant mon panaché, je regarde tout cela.
La ville danse, les vies s’entrecroisent, et je me laisse traverser par ce mouvement.
Je ne fais rien, sinon contempler.
Et je ne me lasse pas de contempler.
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